A la lecture du message de Sœur Marie Rose, le 1er avril : … Parmi ceux qui nous côtoient dans la mission, certains m’ont dit : “Moi qui, d’ordinaire, n’ai pas toujours du savon pour me laver chaque jour, où vais-je trouver du savon pour me laver les mains régulièrement ? Encore moins du gel hydro alcoolique dans ce coin de village ? “… l’association Écoliers du Sénégal a lancé une campagne de financement.

Face aux conséquences de la pandémie, Écoliers du Sénégal se mobilise

Début juillet nos partenaires du sud, de Sanghé, Ngollar, Pout Diack et Mbourokh recevront notre troisième versement.

Ils auront alors distribué, grâce à vos dons, des plus modestes aux plus conséquents, 5 tonnes 700 de riz, 570 litres d’huile, des oignons, du sucre, du lait, plus de 1 000 savons ; les dispensaires seront dotés de 4 500 gants, 1 000 masques, 15 litres de gel et auront réassorti leur stock de médicaments.

Quand, en avril, nous avons lancé, un peu à l’aveugle, notre campagne de lever de fonds « Savon de vie – Sauvons des vies », nous ne savions pas quel en serait le résultat. Il est là, avec ces chiffres inimaginables !

Vous avez été 82 à vous sentir concernés par notre appel, 51 parrains ou donateurs de notre association et 31 personnes d’horizons divers. De la goutte d’eau – celle qui aurait manqué à l’océan – aux gestes plus conséquents, ce sont 6 818€ que vous nous avez confiés.

Alors oui, je suis fier de vous, de votre générosité, de votre sensibilité, de votre empathie.

Là-bas, la mobilisation de directrices et directeurs d’école, des infirmiers en charge des postes de santé, en dépit du confinement, a été admirable. Chacune et chacun, en fonction de la connaissance particulière qu’il a des familles des élèves, a choisi, ici de donner à tous les parents d’enfants de l’école, là à une poignée de personnes davantage dans le besoin, voire un peu plus à cette famille qui a tout perdu dans l’incendie de sa maison.

Alors oui, je suis fier de vous et de votre humanité, vous qui avez pour prénom, Alidjanatou, Augustin, Sœur Marie Rose, Albert, Sœur Hortensia, Gabriel, Soeur Catherine Jeannette… et tous les autres.

Comme si le ciel voulait rattraper quelque impardonnable erreur, les premières pluies viennent de tomber dans les alentours de Mbour, annonçant, si tout va bien, un hivernage précoce ; les paysans vont pouvoir semer et planter et, en octobre-novembre, récolter le fruit de leurs efforts.

L’espoir semble désormais se tourner vers d’autres lendemains.

Jacques Donadieu, président

Témoignage d’un écolier devenu grand, parti des bancs de l’école de brousse pour ceux d’une grande école.

Adama a eu 22 ans en décembre 2018, il est le fils d’un agriculteur qu’il aide durant toutes ses vacances scolaires avec ses quatre frères et sa petite sœur qui est déjà en classe de 4ème.

Bonjour, Mesdames, Messieurs et Chers Parrains

…D’ abord je remercie infiniment mes parrains qui m’ont permis aujourd’hui d’affronter le chemin de la réussite. Je me glorifie d’avoir des parrains aussi sympas, gentils, qui me considèrent comme leur propre fils. Ils me tendent la perche et j’ai vraiment envie de monter. MERCI     
Je remercie également l’association qui concentre tous ses efforts à aider les enfants de brousse dans le but de favoriser leurs conditions d’étude.
Nous savons tous que l’éducation est la base primordiale pour le devenir d’une nation donc c’est un grand plaisir pour moi de vous voir en faire une priorité. MERCI

Je suis étudiant en licence génie électrique (3ème année option ÉNERGIES RENOUVELABLES) à l’École Supérieure Polytechnique de Dakar. J’évolue dans cette nouvelle filière de formation avec des ambitions et motivations précises :

-Être capable de gérer des projets en énergies renouvelables dans ma localité campagnarde -relever le déficit en électricité dans ma localité, mon Sénégal ou ailleurs.

De nombreux pays ont pris leur élan vers la conquête des énergies renouvelables notamment en France, Allemagne, Costa Rica etc. Quant à l’Afrique, le Sénégal fait de grands bonds en avant en investissant sur les centrales photovoltaïques. Cependant en Afrique, le Maroc reste pour le moment le plus sophistiqué dans ces énergies avec les centrales thermo-solaires.

Ces belles initiatives et d’autres perspectives m’ont permis d’affronter le monde des énergies renouvelables.

Concernant le déroulement de la formation, chaque matière est dispensée (cours, TD, TP), et pour le premier semestre nous en faisons plusieurs : L’électronique de puissance, l’électronique analogique et numérique, l’électricité, les maths, l’anglais, la communication.

Je loge à deux kilomètres de mon école et je prends mes repas dans les restaurants universitaires. Face à ce problème j’essaie de trouver un hébergement au sein même du campus social pour mieux améliorer mes conditions d’étude.

Bref je vous remercie tous de m’avoir soutenu avec fierté jusque-là. C’est pourquoi je fais toujours de mon mieux pour atteindre le sommet de la réussite.
Mais avant de vous quitter laissez-moi vous féliciter d’avoir été champions du monde en 2018. BRAVO LES COQS!!

MERCI ET À BIENTÔT  

Septembre 2020, Adama s’inscrit en Master physique-chimie

Certains élèves, issus de familles démunies au sein desquelles seul le dialecte de leur ethnie est parlé, révèlent des aptitudes intellectuelles qui incitent leur parrain à les accompagner au-delà de l’école primaire.  

Adama était l’une des meilleures élèves de sa classe dans l’école de brousse de Ngollar.

Compte tenu de ses bons résultats, de l’avis du directeur de l’école et de l’acceptation de la famille, son parrain a sollicité l’association pour poursuivre son accompagnement au collège de Thiès. Les filles quittent parfois le collège sur ordre de la famille, mariage forcé, besoin d’aide pour les travaux domestiques. Cette année Adama passe en 3ème. Avec une moyenne générale de 15,24/20, elle se hisse à la 7ème place sur les 52 élèves de sa classe ! Formidable mérite pour cette petite fille issue d’une famille très pauvre, qui n’avait jamais connu que son village en brousse ! Pour elle et sa famille, la perspective d’une vie à l’abri de la précarité. “Merci aux Ecoliers du Sénégal pour l’aide que vous m’apportez. Je ne vous oublierai jamais et je vous garderai toute ma vie dans mon cœur”

Octobre 2020, Adama fait sa rentrée en 1ère S, son parrain continue de l’accompagner

Au travers de ces lignes le voile se lève sur ce qu’il en est de vivre en brousse quand on est un jeune élève et des difficultés à surmonter pour apprendre.

Le soleil est déjà levé ; dans quelques heures il fera chaud, très chaud ; l’ombre aura disparu. Je préfère la pluie, quand le ciel tout noir déverse ses seaux d’eau sur les champs, mais pas les moustiques qui en profitent pour piquer l’un, piquer l’autre, et donner la fièvre ; à l’automne je tremblais comme mon grand-père, mon front était brûlant ; au dispensaire de Louly, Georgette, l’infirmière, m’a dit que j’avais 39°9 ; elle m’a donné 3 cachets pour soigner mon palu.

L’école est encore loin et marcher dans le sable est fatigant. Ma jambe me fait de plus en plus mal mais bientôt je retrouverai mes copains ; et si Djiby a encore son vieux ballon dégonflé, le chemin paraîtra moins long.

Aujourd’hui j’ai un peu peur ; le maitre a donné une leçon à apprendre mais, hier soir, il n’y avait plus de bougies à la maison, alors je n’ai pas pu la revoir. C’est Awa, ma grande sœur qui est en CM 1 qui a préparé le repas. Il faut qu’elle apprenne beaucoup de choses parce qu’en avril elle a été fiancée ; heureusement, elle continue encore à aller à l’école. Ce n’est pas comme Modou qui, souvent, est obligé de garder les troupeaux de sa tante.

Moi je rate juste le début de l’année quand il faut ramasser les arachides, les faire sécher, les mettre en tas avant que toutes les femmes ne viennent aider pour les vanner.

Au village, je vis dans une case en banco, avec ma grand-mère, mes frères et sœurs. Mon papa travaille à Dakar, il est jardinier et maman fait la cuisine et le ménage dans une grande maison. Parfois ils reviennent, alors j’ai les yeux qui brillent, un peu parce qu’ils nous racontent la ville et un peu parce que je sais qu’ils repartiront bien vite. Je n’ai jamais été à la ville, même à Mbour où il y a la mer et beaucoup de bateaux qui ramènent du poisson. J’en ai mangé une fois quand les parrains sont venus repeindre l’école ; comme Jean-Baptiste, le fils du directeur est mon ami, j’ai pu en goûter dans le grand plat qu’on s’est partagé. Mais j’ai préféré le riz et la sauce avec plein d’oignons.

Les parrains avaient apporté des habits ; j’ai eu un T-shirt tout neuf que j’ai mis pour la fête où on a chanté et dansé pour les remercier.

Et puis maintenant, l’école est toute repeinte ; dehors elle est rouge, un peu comme la latérite et dedans jaune et bleue. On y voit bien mieux même si, assis au fond, Seynabou et Aissatou disent qu’ils n’arrivent pas à lire ce qui est écrit au tableau. Peut-être il leur faudrait des lunettes, rouges comme celle de Patou, une des marraines !

Deux fois par semaine on a cours l’après-midi ; moi je reste à l’école parce qu’il fait trop chaud pour rentrer au village et qu’il est trop loin. J’attends ; et quelques fois Jean-Baptiste m’apporte les restes de son repas. Son papa lui a dit que les parrains allaient faire une cantine ; ce serait bien de pouvoir manger pour bien travailler l’après-midi.